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       L’arbre de vie, une fable écologique dans un monde post-apocalyptique. Ou comment la mort redonne la vie.

     

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       Hannah est une « récolteuse ». Elle arrache à la terre les quelques plantes qui daignent pousser sur le sol aride et inhospitalier. Terre décharnée par une guerre qui n’a pas connu de fin. Elle revend sa cueillette à Luigi, un soldat retraité qui a su transformer son art de la guerre en art de l’opportunisme. Même si l’espoir d’un retour à la normale se fait plus fort, ses quêtes de végétaux se font rudes et la peur de rentrer bredouille est permanente. Jusqu’au jour où, poussée par une impression lancinante d’urgence, la jeune femme découvre dans un miraculeux jardin d’Eden une plante aux propriétés étonnantes et inespérées…

     

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       L’arbre de vie. A priori, appeler une nouvelle de la sorte pourrait paraître prétentieux… C’est sans compter le talent de Koelia et Lindsay Dole (Link) qui n’en sont pas à leur première collaboration.

       Dès les premières lignes, on accroche au style et on prend plaisir à plonger dans un nouvel univers au fil des mots. Car cette nouvelle n’est pas une simple fable moralisatrice, c’est avant tout une histoire avec un message et des personnages attachants (parfois à la limite de la caricature). Hannah, l’héroïne, est une jolie blonde malgré quelques cicatrices. Bien loin du traditionnel Indiana Jones, elle a un sacré tempérament et la réplique cinglante. Ce n’est pas un personnage « standard », il évolue au fil du récit. En bref, Hannah est quelqu’un de « consistant ». Je me souviens de la présentation de Max et Luigi quelques semaines avant la publication de « L’arbre de Vie ». Ce fut le coup de foudre pour Luigi, sa « gueule » balafré et son cigare aux lèvres. A côté, Max n’avait aucun charisme : fadasse, bellâtre, piège à minettes (pour ne pas citer Link ^^). Heureusement, le texte reprend ses droits. Luigi, le méchant receleur, n’inspire aucune sympathie. On finit par s’attacher à Max même s’il est agaçant avec sa tête d’ange. Il forme un duo de choc avec Hannah savamment pimenté d’humour. Jusqu’à la fin, leur relation reste ambiguë…

       Mais, cette nouvelle n’a pas été écrite dans le simple but de narrer les aventures d’Hannah & Cie. Les personnages véhiculent une idée. Tout commence par l’exposition de la situation. Malgré les atrocités de la guerre, les hommes n’ont pas changé : égoïstes, consommateurs sans scrupules, se nourrissant d’aliments à la composition douteuse. Pourtant, au fil des péripéties, l’espoir s’installe dans ce monde hostile. L’idée que soutient cette fable écologique est originale : ce qui donne la mort engendre la vie. Je n’en dis pas plus de peur de gâcher le suspense à ceux qui ne l’ont pas lu. En tout cas, c’est un scénario qui tient la route sans idées invraisemblables ! J’irai même jusqu’à dire que les auteurs ont poursuivi un idéal (surlignez pour lire la suite, je souhaite laisser le plaisir de la découverte à ceux qui ne l’ont pas lu !) : un seul élément, une plante, peut résoudre les problèmes de l’humanité (ce qui est totalement utopique). C’est pourtant aussi cela la liberté de l’écriture : pouvoir rêver…

       Bref, je m’égare… Le texte en lui-même est d’une grande qualité. Les mots s’enchainent, fluides. Vocabulaire riche, varié. On tombe sous le charme des descriptions : « Fine liane noire qui se mouvait dans la masse compacte de cette brume moite, épaisse et lourde. Cette brume éternelle, fardeau des vestiges des Hommes. » On apprécie l’humour des dialogues…

       Enfin, c’est sans compter sur le travail énorme réalisé pour les illustrations. Car pour bénéficier d’une grande liberté au niveau des décors, Link a utilisé des fonds non sims. De nombreuses retouches s’imposaient : réglages de la lumière, des couleurs, incrustations des personnages sous Photoshop et j’en passe !... Le résultat est absolument superbe !

       Pour conclure, cette nouvelle est un véritable petit bijou. Comme dans « Fusion », leur précédente nouvelle, il pourrait quasiment s’agir d’un scénario de film…

    Avec "Linkoe", dépaysement garanti !   >> http://latelier.gamingblog.fr/r4451/L-Arbre-de-Vie/

     

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    ★  Pour connaître toutes les anecdotes de « tournage », n’hésitez pas à lire le bonus dans la Bonbonnière de l’Atelier !

    ★  Pour en lire davantage :

         > les nouvelles de l’Atelier

         > Les fantômes du passé et Dernière chance par Koelia

         > Retrouvez l’ensemble des histoires de Lindsay Dole sur son portail Black Lollipop


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  • Une poignée d'amandes 

     

     

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    Le regard gris et fixe, le corps immobile, "la vieille madame", comme l'appelle les enfants du parc, prend la pose pour un jeune artiste. Les questions se bousculent dans sa tête... La séance se déroule et Hélène revient sur sa vie de mo dèle.


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    /!\ Par soucis d'esthétique et d'efficacité, cette nouvelle n'est pas publiée sur la v.2 de Thé ou Café. En revanche, elle est toujours disponible sur la v.1. Je m'excuse pour ce désagrément. A découvrir ou redécouvrir : ICI !


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    Une poignée d'amandes

     

     

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    Mirmande… une poignée d’amandes disposée dans un écrin de velours vert.

    L’état de santé d’Emmeline est critique et c’est sur ordre du psychiatre qu’elle part passer quelques jours à la campagne, au plus grand désespoir de sa mère. Bientôt livrée à elle-même, elle se reconstruit peu à peu mais le gouffre n’est pas loin.


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    /!\ Par soucis d'esthétique et d'efficacité, cette nouvelle n'est pas publiée sur la v.2 de Thé ou Café. En revanche, elle est toujours disponible sur la v.1. Je m'excuse pour ce désagrément. A découvrir ou redécouvrir : ICI !


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  •    « A présent, il faut que tu choisisses. »

       Toujours la même phrase, toujours le même dilemme. Aucun échappatoire possible cette fois-ci. Je balaye la pièce du regard à la recherche d’un signe, de quoique ce soit qui puisse m’aider. Assez austère, un large bureau trônant au milieu, une bibliothèque dans un coin, des fleurs sur une étagère chargée de classeurs, quelques plantes vertes ayant pour but d’égayer l’atmosphère. Rien, pas un indice. Je suis véritablement seule.

       « Tu dois faire un choix. »

     

     

       La femme d’un certain âge qui se tient en face de moi m’adresse un sourire encourageant. Son visage, habitué à la sévérité, se creuse de rides disgracieuses autour de la bouche. Elle s’est pourtant maquillée, dissimulant assez maladroitement les imperfections dues au temps qui passe. De grosses lunettes accentuent son air aigri. Je me détourne agacée par l’impatience qu’elle affiche clairement.

       Mon regard va de mon père à ma mère. Puis de ma mère à mon père. Je suis l’un et je suis l’autre. Ils m’adressent le même sourire de réconfort mêlé d’amour et d’égoïsme : "Il n’y a que toi qui décides, ma chérie."

     

     

     

       J’en pleurerais. Au final, cela ne change rien, mais, par principe, cela fait toute la différence. Je pense à mon frère et ma sœur qui patiente dans le couloir. Que j’envie leur majorité révolue et leur indépendance ! Ils sont épargnés de "choisir ".

       Il y a seize ans, avait été coupé le cordon ombilical, cette étrange tige m’ayant influé de la vie pendant neuf mois et qui me reliait alors physiquement à ma mère. C’est extraordinaire de penser que j’étais au départ un spermatozoïde et un ovule épargné par la pilule. J’étais avant tout un petit être épargné dans l’espoir de colmater les brèches. Le subterfuge avait tenu une petite quinzaine d’années. Fierté de mes parents, comme mon frère et ma sœur avant moi, on admirait les qualités et soulignait gentiment les défauts dont j’avais hérité. J’étais choyée, peut-être un peu plus que mes ainés, fragile souvenir de la "belle époque".

     

     

     

       Comme tous parents, les miens se plaisaient à répéter sur un ton nostalgique et complice leur rencontre, leur histoire d’amour. Ma mère était une belle rousse, quelque peu aguicheuse, qui aimait la vie plus que de raison. Elle passait régulièrement ses soirées dans des clubs avec des amis. Au cours d’une de ces nuits festives, que sa silhouette féline attira l’attention de mon père. Au premier regard, la passion embrasa leurs corps et ils se promirent la lune.

       C’est ce même regard qui, jadis, brillait de désir, d’amour et de rêves, qui, aujourd’hui, se pose sur moi, terni.

     

     

    Nüwa

     

     

        « Tu sais, ma chérie, le temps a passé… Papa et maman ne s’aiment plus. Cela ne changera rien pour toi. Tu passeras une semaine chez l’un et une semaine chez l’autre… »

     

    [Il faut juste que tu choisisses ton lieu de résidence.]

    FIN


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       Coincée au lit par cette saleté d’angine et avec, pour amère compagnie, cette obsession. J’ai quarante degrés de fièvre, le front en sueur mais je ne délire pas. Je ne suis ni parano, ni amoureuse, juste accro.

       Comment un simple mal de gorge matinal se transforme-t-il en un stupide virus ? Good question… Le médecin a diagnostiqué un chaud et froid. Je suis convaincue d’avoir fait une overdose. La meilleure solution serait-elle de faire une cure ? D’oublier ? L’oublier ? ¿ Olvidarle ? To forget him ? Ihn vergessen ? Dimenticarlo ? Забудьте его ? 彼を忘れてください? לשכוח את זה? 忘记他 ? …

     

     

       Lui ou son regard ? That is the question.

       Lui, mon opposé, mon antonyme, ou presque. Un immense no man’s land nous sépare : toute la cour, toute une physionomie. CAP DECG première année, pull à capuche, mains dans les poches, chapeau sur le crâne, j’ignore tout de lui, même son nom. Série scientifique première année, écharpe jaune, veste noire gentiment nouée, légèrement cambrée, je passe la plupart de mon temps à bosser au CDI. Bref… Vous voyez un lien ? A priori aucun.

     

     

       Son regard, si profond, si noir. Le seul, l’unique, qui a su aimanter l’émeraude de mes iris, qui a su se mesurer à leur insolence. Couleur pure café, couleur cacao en poudre 99%, couleur… Il m’obsède, c’est comme une drogue. Lorsque je désire arrêter cet étrange manège, je n’ai pas la volonté. Lorsque j’ai la volonté, je désire continuer.

       C’est une histoire de fou qui a rapidement dégénéré. J’ai peu à peu réglé mes déplacements de façon à le croiser le plus souvent possible : au self, dans les couloirs,… Imperceptiblement, je suis devenue accro, accro à un regard. C’est devenu vital, inexplicable, incohérent. De plus en plus nerveuse, mon cœur s’emballant pour un rien, il fut temps de mettre un terme à cette stupide obsession.

       Plus facile à dire qu’à faire. Mon cœur se déchire toujours entre la tentation de le voir et celle de l’oublier.

     

     

       Assise dans les herbes folles au fond du jardin, j’ai confectionné des colliers de pâquerettes. Ailleurs. Tout le week-end, j’ai réfléchi à un remède, invoqué tous les dieux et pleuré assez de larmes pour que la nature reverdisse. En vain. Cependant, j’y ai cru, j’ai cru que je pouvais m’en sortir, l’oublier, le olvidar, to forget him,… J’ai espéré toute la semaine, indifférente et à nouveau moi-même. Puis il a fallu d’un instant, un instant plongé dans son regard, un matin d’hiver. Mes nerfs n’ont pas supporté. Des sueurs, une migraine et je me retrouve dans mon lit.

     

     

       Je sais que cette histoire ne rime à rien, j’en suis parfaitement consciente. A présent, je ne désire qu’une seule chose : le hanter autant qu’il me hante.

       Parfois, je repense à ce test stupide que la majorité des filles font le 31 août : que va-t-il t’arriver le jour de la rentrée ? Si j’avais su que j’allais devenir addicted à un regard, j’aurais gardé les yeux rivés sur les graviers de la cour…

     

     

     

    FIN


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  •    Un matin, s’élevant à la cime des arbres, le soleil aperçut trois jeunes filles rivalisant de beauté et de grâce. Leurs peaux nacrées effleuraient l’eau et leurs rires cristallins se joignaient aux chants amoureux des oiseaux. Elles se baignaient, dans l’excitation de leur première fugue. L’astre de jour les épia un instant, contemplant leurs courbes féminines.

     

     

      Cependant, en tant que puissance divine, il se devait de les punir pour leur désobéissance. A la première, qu’il jugea trop narcissique, il brûla les yeux. A la seconde, qu’il jugea trop pure, il brûla la peau. Face aux malheurs de ses deux compagnes, Nüwa préféra se noyer que de subir un si terrible sort. Le soleil fut admiratif de son courage et assécha le bassin. Désirant la regarder de plus près, il la convia dans son palais. La jeune fille refusa, craignant un piège. Il proposa alors l’invitation à ses deux amies qui acceptèrent de peur d’un nouveau châtiment. Nüwa fut contrainte de les suivre.

     

     

       Le soleil avait laissé place à la nuit. Fusang reçut les trois jeunes filles en son palais illuminé par sa simple présence. Mais son éclat n’était rien par rapport à la beauté de Nüwa. Il en tomba amoureux et s’en voulut du mal qu’il lui avait fait. Pour gagner les faveurs de son cœur, il la fit installer dans la Chambre d’Or, la vêtit des plus beaux atours qui soient, ainsi que ses compagnes. Alors que ces dernières se pâmèrent à travers le palais, la jeune fille ne partagea pas leur joie. Fusang s’excusa, et rendit la vue à la première et une peau de nacre à la seconde. Il les renvoya sur terre et leur offrit une vie de luxe et de plaisir.

     

     

       Nüwa resta au royaume solaire, heureuse du sort de ses amies. Cependant, toutes les avances du soleil furent vaines. La jeune fille était désespérément farouche, sauvage et… mortelle. Fusang, éternellement jaloux, refusait de la voir au bras d’un homme. Il consenti à rendre à la terre sa muse. Il la nomma Mère Nature, invisible aux hommes sous sa forme véritable et immortelle.

     

     

       Ainsi, chaque matin, lorsque le soleil se levait, il pouvait admirer sa bien-aimée s’éveiller sous la caresse de ses rayons.

    FIN


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       Jilia a tout quitté pour venir exercer sa profession d’architecte à Riverview. Rapidement, la routine s’installe : ses amis et sa famille lui manque, sa vie amoureuse est au point mort. Jusqu’au jour où la jeune femme apprend le décès de sa grand-mère. Retour à Sunset Valley : sa vie va prendre un tournant inattendu !...

     

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       Ecrite par Tinu, cette histoire ne compte que deux pages sur overblog mais s’avère déjà prometteuse.

       L’auteur présente sa première histoire sims mais son écriture est déjà fluide et de qualité, bien qu’un peu trop formelle. C’est un véritable plaisir de suivre les aventures de Jilia. L’héroïne est du genre classique et assez coincée par les règles de la société. Elle est jolie (pas vraiment belle) et peu importe, c’est un personnage intéressant ! L’histoire peut paraître peu originale à première vue mais il ne faut pas se fier aux apparences ! Outre le texte, les illustrations exploitent vraiment le jeu Les Sims 3. Les paysages sont magnifiques et l’effet « pâte-à-modeler » des sims est plutôt bien gommé !

       L’effet tournesol n’en est qu’à son début. Cependant, à l’heure où les legacy inondent les rubriques de chroniques sims, cette histoire est une petite perle.

    A suivre de très près !    >> http://effet-tournesol.over-blog.com/


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  •     Je raconte avec humour mes aventures simsesques jusqu’à aujourd’hui…


    Avant les codes

     

       Avant Sucréomiel, il y avait une petite joueuse anonyme d’une bonne dizaine d’années. J’étais déjà bien cruelle avec mes sims. Mon but ? Marier Don Lotario à Sandra pour récupérer l’argent des Gothik et après leur divorce, le séducteur par couler ses beaux jours dans le plais de MontSimpa avec sa Nina Caliente. Quelques désinstallations du jeu plus tard, mon plan fonctionnait, à la différence près, que mes deux tourtereaux s’installaient dans la grande maison des vampires du centre ville de Nuit de Folie. Malheureusement, la belle mourut brulée par un lance-flamme en chauffant des guimauves. Comme Don, je ne m’en remis pas… La sortie de La Bonne Affaire me consola. Nouvelles mission ? Mon propre quartier commerciale : boulangeries, salons de coiffure, fleuristes, centres commerciaux, garages, stations essences et j’en passe… Naturellement, chaque commerce était au minimum en double pour créer une certaine « concurrence ». Le rêve d’un paradis du shopping fut rapidement abandonné : suite à un « malencontreux malentendu », mon frère désinstalla le jeu qui fut rangé au placard…

     

     

    ★ Le site bleu

        

     

       Puis, j’ai découvert les codes ou comment perdre définitivement le gout pour le jeu. Ce qui a sauvé Les Sims de la déchéance totale est sans doute le site officiel des Sims 2 ou plus communément appelé le site bleu (à l’époque). J’ai découvert timidement la rubrique des Chroniques et toutes ses fabuleuses histoires sims. Les incontournables du moment étaient celles de Silfy, Cartejaune ou Clytie. Ce sont elles qui m’ont motivé à écrire et surtout à être originale ! La vie de Barbie qui se marie avec Ken… Très peu pour moi ! J’ai fait mes premiers pas avec la version « chroniquée » du fabuleux film Chocolat. Ca s’est rapidement transformé en saga dont je n’ai jamais vu le bout, ou, du moins, je n’en ai pas eu le courage… Oui, je me lasse très (trop ?) rapidement d’un projet. Entrent alors en scène, poulyn (ou Creinblan) et bien d’autres, des lecteurs fideles qui m’ont apporté un soutien et une motivation immense ! Je leur en suis très reconnaissante car sans eux je n’aurais jamais poursuivi cette belle aventure dans le monde des sims. Ca fait un peu discours d’adieu mais c’est un passage obligé pour moi ! Enfin, j’ai publié ma première « véritable » histoire sims : Colorfull. Mon anglais était horrible, j’en conviens. Là, Barbie est aveugle et recluse, et son Ken mène une enquête la concernant. Non, ce n’est pas tout rose (d’ailleurs c’est le nom de l’héroïne ^^). Moi qui rêvait de belles descriptions, j’étais refaite : obligée de me contenter uniquement des perceptions auditives, sensitives, olfactives, gustatives et tactiles. En effet, l’exercice s’est révélé difficile et avec le recul, je le trouve quelque peu hésitant. Mes efforts ont été récompensés en février 2009 lorsque mon histoire a été nommée « chronique du mois » sur le site officiel ! Un tournant décisif…

     

     


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  •  Il marchait. Il marchait dans les rues poisseuses de Londres plongées dans une semi-obscurité. Il frôlait les murs, le pas hésitant, le regard fuyant. Il avait quitté son appartement une heure plus tôt, peut-être plus, peut-être moins.

     Il continuait d’avancer, tête baissée. Il emprunta une autre ruelle, encore plus sombre. Il n’aurait su dire où il allait. Au fil des pas, il faisait le vide dans son esprit. Du moins, il essayait… Il rabattit le col de sa veste. La chaleur désertait ces lieux cachés du soleil estival.

     

     

     Des voix grasses le tirèrent de son mutisme. A une dizaine de mètres, quelques hommes parlaient bruyamment devant ce qui semblait être un restaurant chinois. Il pressa le pas. Une fois le groupe dépassé, il décida de bifurquer dans une rue attenante. C’était plus prudent. Il ne put s’empêcher de jeter un regard derrière son épaule. Ils l’observaient.

     Il serra les poings, prit sur lui et accéléra. Une douce brise se leva caressant son visage. Les ombres se mirent à danser. Un frisson le parcourut. Il s’arrêta, alerte. Des voix, des rires, des bruits de pas… A moins que ce ne soit le vent qui lui jouait des tours. Ou la voix cristalline de Francesca fredonnant La Foule d’Edith Piaf…

     

     

     Francesca était loin à présent, ça ne pouvait être elle. Il perdait la raison. La peur gagna tout son corps. Il se mit à courir. A perdre haleine. Il ne savait plus si le bruit qui martelait ses oreilles était celui produit par la course de ses poursuivants ou les battements de son cœur. Les pavés défilaient à une allure folle sous ses pieds. Il s’engouffrait toujours plus dans les bas fonds de la ville.

     Les ombres le poursuivaient, il continuait à courir. Jusqu’à ne plus avoir de souffle. Son regard se brouilla, sa course se fit plus incertaine. Il ne parvint pas à éviter un dépôt de cagettes. Il s’effondra. Personne ne le poursuivait. Il était seul. Seul avec le sourire de Francesca. Son fin sourire, ses lèvres rougies, sa peau velouté,… Elle était si belle, trop peut-être. On l’avait prévenu.

     

     

     Il tenta de se relever, non pas pour fuir ses poursuivants imaginaires mais pour échapper à ses souvenirs, à Francesca. Une fois de plus, ses forces l’abandonnèrent. Alarmée par le vacarme des caisses qui chutent, une femme apparut à la fenêtre de l’immeuble voisin.

     « Monsieur ? Vous allez bien ?

     - Foutez-moi la paix ! cria-t-il dans un excès de fureur. Tous autant que vous êtes ! »

     Puis, il se mordit la lèvre. Il ne devait pas se faire remarquer… La femme referma sa fenêtre en soupirant :

     « Encore un ivrogne… »

     Le désir d’hurler le reprit. Il voulait crier sa haine, sa fureur. Il voulait qu’ils partent : Francesca et son sourire. Il frappa le mur en brique de ses poings. De toutes ses forces, de toute sa rage. A s’en broyer les mains. Il s’arrêta aussi soudainement qu’il avait commencé. Un liquide chaud se mit à couler le long de ses phalanges, le long de sa peau. Indifférent à la douleur, il resta fasciné par son sang, si rouge, si réel… Puis, ce fut le souvenir de Francesca baignant dans ce même liquide rougeâtre. Son sourire figé pour l’éternité.

     

     

     Finalement, il se releva, s’ébroua comme pour chasser toutes ces images qui le tourmentaient, et marcha jusqu’à la première taverne. Sous le regard inquisiteur du patron de l’établissement, il commanda un whisky. Le liquide âcre et sucré coula dans sa gorge. Une délicieuse sensation de sérénité l’envahit…

     

     

    [Jusqu’à la prochaine crise]

     

    Note :

     Avec cette nouvelle, j'ai voulu m'essayer à un nouveau style. C'est encore la description d'un état d'esprit et non une histoire avec un début et une fin. C'est la plongée dans quelques minutes de la vie d'un homme rendu fou par un amour passionnel. Le pourquoi du comment il en est arrivé là ne m'intéresse pas, c'est pourquoi j'ai voulu resté dans l'ambiguïté à ce niveau-là. Ce qui me plaisait c'était le cheminement de cet homme dans les profondeurs des quartiers sombres de la ville, dans les profondeurs de sa folie, de sa paranoïa...

      Je ne pense pas que l'exercice soit entièrement réussi mais il m'a beaucoup plu.


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  • Installez-vous confortablement dans un canapé,

    Vous prendrez bien un thé ou un café ?

    Détendez-vous, oubliez vos soucis, respirez l'air pur,

    Je me charge de vous fournir la lecture !

     

     

     

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    Thé ou Café by Sucréomiel est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.0 France.


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